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• Finlande

JOÏK, JOUHIKKO, KANTELE...

> Folk et musiques traditionnelles

Mardi 8 et mercredi 9 avril 2008 à 20h30
Maison des Cultures du Monde
101 boulevard Raspail - 75006 Paris

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Qui connaît la Finlande ne trouve rien d’étonnant à ce que le Kalevala, récit fondateur du peuple finnois soit composé de 50 chants ou runes, que le personnage principal de cette mythique épopée soit le barde Väinämöinen, et que l’une de ses premières créations soit un instrument, le kantele, dont il se servait pour affronter ses concurrents lors de joutes oratoires.

Ce rôle déterminant du chant et de la musique a perduré à travers le temps, et la Finlande peut aujourd’hui s’enorgueillir de la vitalité de ses musiques traditionnelles et populaires. Ces traditions musicales, largement méconnues du public français, seront mises à l’honneur par le Festival de l’Imaginaire. Plusieurs artistes, représentatifs notamment des deux grands ensembles culturels qui composent le pays, les Ostrobotniens à l’Ouest et les Caréliens à l’Est, défendront la diversité des expressions musicales finlandaises.

Karoliina Kantelinen ouvrira le bal en interprétant des chants traditionnels, des runes et des joïks de Carélie, ancien territoire finlandais, désormais russe et berceau de la musique kalevaléenne. Auteur, compositeur et interprète, cette jeune artiste ouvre les portes d’un univers où la musique et les chants sont liés à la nature et aux esprits. Elle fait revivre ces poésies en s’accompagnant au kantele et excelle dans cet art vocal ou plus que les mots, la mélodie est essentielle. Enfin, la pleureuse Pirkko Fihlman la rejoindra pour chanter des lamentations.


Activistes de la « scène Jouhikko » les quatre membres du Jouhiorkesteri, ont largement contribué à réhabiliter cet instrument aux sonorités belles et étranges, parfois rugueuses. Hérité de la culture celtique, le jouhhiko, sorte de lyre à archet, possède quatre cordes. S’il a failli disparaître au début du XXe siècle, il fait désormais l’objet d’un vif intérêt de la part des jeunes musiciens qui recommencent à composer dans une veine traditionnelle de nouvelles pièces pour jouhikko. Il en va ainsi du Jouhiorkesteri qui présentera au public un répertoire de pièces traditionnelles et contemporaines, instrumentales et chantées.

Hilja Grönfors est l’une des dernières grandes chanteuses finlandaises d’origine roumaine. Autodidacte, elle chante en finnois et en rom l’histoire des siens établis en Finlande depuis cinq siècles. Elle a rassemblé les textes de ses ancêtres, ces ballades secrètement fredonnées dans les filatures et les maisons de redressement, qui racontent l’amour, l’exil et le déracinement. À l’image des ensembles traditionnels finlandais, celui qui l’accompagne, Lasto Dzindo, est composé d’un violon, d’un accordéon, d’une guitare et d’une contrebasse.

Hilja Grönfors nous fait partager ses émotions et nostalgies comme une véritable saudade finnoise.

Enfin, le groupe Frigg composé de six jeunes virtuoses proposera sa musique folk instrumentale composée dans une veine traditionnelle renouvelée et métissée où prédominent les cordes (violons, mandoline, guitare). Issu d’une célèbre lignée de musiciens (la famille Järvela) qui perpétue depuis plusieurs générations les traditions musicales de l’Ostrobotnie, ce groupe revisite le répertoire des musiques traditionnelles et populaires en les nourrissant de ses propres compositions. Avec sa musique festive, énergique et ouverte sur le monde, Frigg incarne la « relève » et augure d’un avenir prometteur pour les musiques finlandaises ; musiques désormais promises à des lendemains qui chantent ...

Cécile Pélissier