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• Tadjikistan

LE SHASHMAQÂM TADJIK-OUZBEK

> Académie du Maqâm de Douchanbé

Dimanche 13 avril 2008 à 17h
Auditorium du Louvre - 75001 Paris
Accès par la pyramide et les galeries du Carrousel.
Accès privilégié par le passage Richelieu jusqu’à 18h.

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Avec
Abduvali Abdurashidov, viole sato, direction artistique
Azada Ashurova, chant
Nasiba Omonbayeva, chant
Zumrat Samidjonova, chant
Sirojiddin Djuraev, luth dutar
Djamshed Ergashev, chant
Khurshed Ibragimov, chant
Kamoliddin Khamdamov, luth tanbur
Sahrifdzhon Timurov, tambour doyra


La musique classique de l’Asie Centrale, déjà très développée dans l’antiquité comme l'attestent des textes chinois, atteint de nouveaux sommets à partir du XVe siècle, dans les cours princières et royales de Boukhara, Khiva, Samarcande, Qoqand, Khojand, Kashgar. Au XVIIIe siècle, la musique d'art de Boukhara se cristallise en un répertoire canonique d'environ 250 pièces vocales et instrumentales organisées en six maqâm (shash-maqâm) sur le modèle de la suite déjà répandu dans presque tout le monde islamique.

Cet art de cour poétique, musical et chorégraphique, pratiqué aussi bien par les Ouzbeks turcophones que par les Tadjiks iranophones est interprété par un ensemble de chanteurs et chanteuses et d'instrumentistes où prédominent les luths à long manche dutar et tanbur, le sato joué avec un archet, discrètement soutenus par la percussion d'une doira.

L'esthétique sonore du shashmaqâm, très différente de celle, brillante, du mugham d'Azerbaïdjan, privilégie les timbres graves, une virtuosité contenue et la perception d'un temps en apparence distendu. La voix se cantonne longtemps dans le bas medium avant de monter lentement vers l'aigu en même temps qu'elle gagne peu à peu en intensité et en chaleur. Musique savante par excellence, ses accents parfois tragiques éclairent magnifiquement les poésies lyriques de Hafez et des poètes de l'Âge d'or persan, pour s'achever sur des pièces plus rapides et dansantes.

Fondée à Douchanbé, capitale du Tadjikistan, par Abduvali Abdurashidov avec le soutien de l'Aga Khan Music Initiative in Central Asia, l'Académie du Maqâm renoue avec les anciens principes de l'enseignement artistique du monde islamique où l'étude de la musique était indissociable de celle de la poésie, de la prosodie, de la métaphysique, de l'éthique et de l'esthétique. Les artistes de l'Académie œuvrent à la reconstitution et à l'interprétation du répertoire intégral des suites du shashmaqâm ouzbek-tadjik dans son interprétation en langue persane.

Pierre Bois