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• Mozambique

Les xylophones Timbila des Chopi

> par le groupe Timbila ta Zandamela

14, 15 et 16 mars 2007 à 20h30
Maison des Cultures du Monde
101 boulevard Raspail - 75006 Paris

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Alberto Miguel Malate, chef danseur
Enosse Miguel Malate, danseur
Simião Maiela Guela, danseur
Zacarias Mario Cau, danseur
Simião Missael, xylophone dibindha et facteur
Valeriano Missael, xylophone chilandzane
Herculano Muanduane, xylophone chilandzane
Sergio Missael, xylophone chilandzane
Gomez Shitambo, xylophone chikulu
Cancio Malate, joueur de hochet

Les Chopi vivent principalement dans la partie méridionale de la province d'Inhambane au sud du Mozambique et sont réputés pour leurs orchestres de xylophones timbila dont la pratique est attestée dès le XVIe siècle par des missionnaires portugais. C'est l'un des très rares exemples en Afrique de pratique orchestrale du xylophone. Ces ensembles rassemblent en effet de cinq à quinze xylophones de tailles et de registres variés : chilandzane pour les parties aiguës et solistes, dibhinda pour l'accompagnement en contrepoint et chikulu pour la basse. Chaque mbila comprend un nombre variable de lames qui peuvent mesurer jusqu'à près d'un mètre de long pour les mbila les plus graves. Ces lames sont façonnées dans un bois dur, le mwenje, très apprécié pour ses propriétés sonores. Le son de chaque lame est amplifié par un résonateur en calebasse muni d'un mirliton dont la vibration apporte au timbre de l'instrument une sonorité nasalisée.

Le concert de timbila, appelé ngodo, est joué comme divertissement lors des réjouissances, des mariages, mais surtout pour les cérémonies de commémoration des ancêtres qui constituent l'un des moyens de transmission et de perpétuation des valeurs sociales et identitaires chopi. Plus qu'un simple concert, le ngodo est un spectacle total associant la musique instrumentale, le chant, la déclamation et les cris, et la danse. Il se compose d'une longue suite de pièces qui correspondent à des formes musicales bien précises.

Les danseurs, musingi, portent les attributs des guerriers notamment le bouclier de peau et une arme, machette, hache rituelle ou lance. Ils sont alignés sur un rang, face aux musiciens. Les mouvements sont virils, avec des pas en avant et en arrière, genoux relevés, évoquant la course au combat. Entre les musingi et les musiciens, un ou deux joueurs de hochet, les machachulane, interprètent les rôles féminins, se livrant à une danse souvent pleine de grâce, mais aussi d'humour et de truculence.

La guerre civile qui a sévi au Mozambique entre 1975 et 1992 a porté un grand coup aux traditions musicales du Mozambique et les traditions des Chopi n'y ont pas échappé. À cela s'ajoutent les effets de la modernisation qui détourne les jeunes adultes de leurs traditions, sans parler de la situation sanitaire et du SIDA qui déciment cette classe d'âge. Conscient du danger que courait cette tradition, unique en Afrique, le gouvernement mozambicain a ainsi obtenu en 2005 que les timbila soient inscrits par l'Unesco à la liste des chefs-d'oeuvre du patrimoine culturel oral et immatériel de l'humanité.
Au village de Zandamela, la plupart des musiciens, relativement âgés, sont encore en activité, de même que certains des danseurs. Des quelque dix groupes qui existent encore dans la région, c'est un de ceux qui font le mieux preuve de cette cohérence, de cette interaction, de cette expérience intime qui font vivre cet art et lui donnent toute sa raison d'être. Les musiciens sont conduits par Simeão Missael, qui est aussi facteur de mbila, et les danseurs par Alberto Miguel Malate qui est également le chef du village. Ce groupe se produit pour la première fois hors du Mozambique.

Pierre Bois