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• Iran

Litanies soufies et chants du Nouvel An de la Province de Gilan

22 mars 2007 à 20h
Auditorium du Louvre

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Avec les chantres Naqshbandi de Rezvanshar
Leisollah Norouzi Kalehsarae
Taleb Amani Kalehsarae
Firouz Amani Kalehsarae

Et les chanteurs de Nowruz Khani de Talesh Dulab
Ghesmat Khani Estalakhzir
Moharramali Norouzi Aghmasjed

La confrérie soufie Naqshbandiya fut fondée à Boukhara au XIVe siècle par Baha al-Dîn Naqshband al-Boukhâri. Elle est aussi appelée la confrérie des maîtres (Khadjegân). Elle fut introduite dans le courant du XIXe siècle chez les Tâlesh, une tribu de la province de Gilân, où elle fit un grand nombre d'adeptes dont certains devinrent des chefs spirituels importants.

Comme dans toute confrérie soufie, le rituel central des Naqshbandi est le zikr (remémoration) au cours duquel les adeptes se rassemblent dans le khangâh, la maison des derviches, pour invoquer Dieu, le prophète et les grands maîtres soufis. Le zikr peut prendre deux formes : le zikr djali (dévoilé) qui est chanté à pleine voix et le zikr khafi (secret) qui est récité à voix basse ou mentalement. Le répertoire du zikr djali est fondé sur une prière en vingt et une parties, la tahliliye, dont le coeur est la profession de foi (« il n'est point d'autre dieu que Dieu »).

Les Naqshbandi de Tâlesh ont un autre répertoire de chants, paraliturgique cette fois : les litanies mowludi khâni qui sont chantées peu avant la fête de l'anniversaire du prophète (mowled al-nabi), dans les khangâh mais aussi à la mosquée ou dans des soirées privées. Elles requièrent un minimum de trois personnes, chacune étant tour à tour soliste ou membre du choeur.

En Iran, le nouvel an, nowruz, coïncide avec le premier jour du printemps. À cette occasion, des hommes sillonnent les quartiers et les villages, allant de maison en maison, en chantant des nowruz khâni dont les sujets font référence à la religion, mais aussi aux rituels du printemps et à la nouvelle année.

Tous ces répertoires sont chantés a cappella et généralement par un soliste auquel répond un petit choeur. L'auditeur rentre assez vite dans l'ambiance un peu hypnotique de ces litanies où les voix font apparaître ici et là une envolée lyrique, un cri ou au contraire un ornement raffiné. Les voix sont tendues, légèrement gutturales, comme prêtes à se briser dans un sanglot.

Fariborz Rostani