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• Malaisie

Manora et Mak Yong

> Danses rituelles du Kelantan

9, 10 à 20h30, 11 mars 2007 à 17h
Théâtre Équestre Zingaro
176 avenue Jean Jaurès - 93 300 Aubervilliers

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Le Manora de Malaisie prend sa source dans le Nora thaïlandais et les croyances bouddhistes. Ces danses rituelles très stylisées étaient à l'origine un rituel de guérison. Le Manora a progressivement absorbé des éléments d'autres formes spectaculaires telles que le Mak Yong ou le Wayang Kulit (théâtre d'ombres) et il est lui aussi un exemple remarquable de syncrétisme religieux, culturel et artistique dans le domaine des arts spectaculaires malaisiens.

D'après la croyance populaire, ce serait Mesi Mala, une mythique princesse thaïlandaise qui, inspirée par la vision des dieux dansant dans les cieux, aurait créé les danses du Manora. Ces danses sont l'expression d'une spiritualité mais elles possèdent aussi une vertu curative. À l'opposé du Mak Yong, initialement le Manora était exclusivement dansé et pratiqué par les hommes. Ce n'est que récemment que des femmes, des danseuses, peuvent participer aux présentations et rituels.

Eh Chom est un des derniers grands maîtres ritualistes, guérisseur et danseur. Particulièrement respecté en Malaisie - comme il est craint en raison de ses pouvoirs - Eh Chom est extrêmement sollicité pour mener des rituels de guérison. Il sera accompagné de son fils qui dansera avec lui, mettant ainsi en avant la filiation et la transmission du savoir.

Le Mak Yong est une forme spectaculaire particulière au Kelantan, état du Nord-Est de la péninsule malaise. Le Mak Yong est à la fois rituel, jeu d'acteurs, danse, récit généalogique, musique et chant. Ses origines seraient de source divine et par le passé il était exclusivement exécuté ou joué par les femmes. Le Mak Yong constitue le plus ancien exemple vivant de forme spectaculaire malaise qui aurait été la moins sujette aux influences extérieures ou étrangères.

Les origines du Mak Yong ne sont pas clairement identifiées, mais il semblerait, d'après le sens des danses et des récits, que ce phénomène ethnoscénologique prend racine dans les croyances animistes et les pratiques chamaniques. On donne une présentation de Mak Yong pour des raisons rituelles ou tout simplement pour le divertissement. Les performances rituelles sont généralement combinées avec des séances de Main Puteri, un rituel de guérison dont l'origine est antérieure à celle du Mak Yong et au cours duquel il y a transe de possession.

Essentiellement populaire, le Mak Yong a reçu pendant une très courte période un appui de la cour royale du Kelantan, mais toutes les tentatives pour créer une version classique du Mak Yong ont échoué. Il existe aujourd'hui très peu de troupes de Mak Yong. Les représentations en zones urbaines sont « arrangées » de manière à divertir les publics (beaucoup de clowns et de passages comiques, prépondérance des dialogues, influence des séries télévisées, etc…) tandis que les représentations en zones rurales restent proches sinon de la tradition et des formes premières du Mak Yong du moins de la croyance et de la spiritualité qui en sont le fondement. Bien que patrimoine culturel immatériel de l'humanité (Proclamation 2005 de l'UNESCO), le Mak Yong est interdit par le gouvernement islamiste du Kelantan.

Les représentations sont organisées dans des villages éloignés des grandes villes, à l'abris des censeurs. Retrouvez ce spectacle sur France Culture dans l'émission Equinoxe le dimanche à minuit.