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• Ouganda

Musique des Acholi

> L'Ensemble de Watmon Amone

2 et 3 mars 2006 à 20h30
Maison des Cultures du Monde
101 boulevard Raspail - 75006 Paris

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Avec
Mathew Watmon Amone/Alex Nyenko/Alex Ojera/Constantin Odida/Moses Ochola/Paul Okello/Peter Obwona
et
Natalia Aciro

Agriculteurs vivant dans une région fertile et vallonnée, à 1 000 mètres d’altitude, les Acholi sont un peuple nilotique, originaire du sud du Soudan. Les Acholi sont actuellement pris en étau entre la guérilla et l’armée au nord de l’Ouganda, aussi, beaucoup sont forcés de fuir leurs villages et se retrouvent dans des camps de réfugiés ou bien dans la capitale Kampala. Pauvreté, précarité, Sida, rien ne leur est épargné. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils délaissent leur culture et leur musique. Ainsi en est-il de Watmon Amone qui vit à Kampala où il lutte à sa manière contre l’oubli en s’attachant à la musique et aux danses de son peuple. Souvent sollicité en Ouganda et dans l’Afrique de l’Est pour des spectacles de danse, il présentera à Paris avec un ensemble de six musiciens deux concerts qui permettront d’apprécier toute la subtilité de la musique et des chants Acholi.

Cet amour de la musique, Watmon le tient de son grand-père lui-même musicien qui lui a tout appris. À son tour, il transmet ce savoir aux jeunes qui arrivent à Kampala et avec lesquels il a fondé un ensemble très apprécié. Ce patrimoine retrouve ainsi une nouvelle vie. La musique des Acholi est extrêmement rythmée. Les chants, marqués par la douloureuse histoire de ce peuple qui, depuis bien longtemps, est la cible des convoitises de ses voisins, reflètent tous les revers du sort et les conflits sanglants dont il a été la victime. On y trouve les marques du passé ainsi que les leçons que les Acholi en tirent, autant d’éléments qui servent à tisser une structure cohérente de la société et lui permettent de se développer en regardant vers l’avenir.

Mais la musique des Acholi peut aussi être joyeuse. À l’instar de toutes les musiques dans les sociétés traditionnelles, elle marque les différentes étapes importantes dans la vie des individus. Les chants, accompagnés d’instruments comme la harpe adungu, la cithare nanga, la flûte olweto, et les calebasses sont souvent ponctués par les cris aigus des femmes lancés comme des youyous, en signe d’encouragement et d’approbation.


Musicien traditionnel respecté, Watmon sait aussi être à l’écoute des jeunes membres de son groupe. Ainsi ceux-ci ont rajouté à leur répertoire certaines de leurs « innovations », comme ces morceaux qu’ils jouent exclusivement avec un ensemble de plusieurs harpes adungu. Cependant leur liberté de jeu et d’interprétation reste fidèle au cadre général de l’esthétique musicale Acholi, y compris lorsqu’ils invitent leurs amies à danser, un peu comme dans les boîtes de nuits occidentales.

Vivante et subtile, la musique des Acholi telle qu’elle est interprétée par Watmon Amone et son ensemble est un véritable cri d’espoir.

Arwad Esber

> A lire

The roots of ethnicity : the origins of the Acholi of Uganda before 1800
R. Atkinson, University of Pennsylvania Press, 1994

La chanson de Lawino
P'Bitek Okot, traduit de l'acholi par F. et H. Gauduchon,
Unesco/Présence Africaine, 1983.

> A écouter

Tipu Pa Acholi : songs and dances of the Acholi in Uganda
Pan Records, réédité en 2005