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• dans le cadre de " francofffonies !" • Roumanie

Taraf de Transylvanie

> Fanfare Shukar de Moldavie

19 mars 2006 à 17h
Théâtre Équestre Zingaro
176 avenue Jean-Jaurès
93300 Aubervilliers

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Venus de bien loin – de l’Orient, dit-on – quelques Tsiganes se fixent au centre de l’Europe et depuis le XVIe siècle, y demeurent en pratiquant un semi nomadisme qui se nourrit d’élevage, de dressage de chevaux, de travaux de forgeron, de tressage de paniers et surtout de musiques.

La Roumanie abrite ainsi dans ses différentes régions, plusieurs milliers de musiciens qui se sont mêlés à ceux des Carpates, des forêts ou des plaines. La Transylvanie regroupe violonistes et joueurs de cordes, tandis que la Moldavie résonne du son des fanfares.

Les violoneux font résonner leurs violons, violoncelles et contrebasse avec dextérité et désinvolture. Ils vivent dans plusieurs villages non loin de Cluj et se rencontrent partout dans la région pour les anniversaires, les mariages et les funérailles. Ils construisent eux-mêmes leurs instruments. Si bien que les cordes en crin de cheval ou en métal produisent des sons acides, impossibles à trouver dans le ventre des instruments de facture occidentale. La contrebasse, plate sur ses deux faces – parce que fabriquer des surfaces bombées dans les bois locaux se révèle trop compliqué – ponctue en gémissant. L’emprunt fait partie des habitudes des Tsiganes, aussi peuvent-ils, à la demande, interpréter des «musiques à écouter» des «musiques à pleurer » et des «musiques à danser ». Ces dernières adoptent parfois des rythmes si rapides que des fugues traversent l’espace sonore à la manière de souffles déchirants. En tirant sur leur bout de cigarette, ils se disent baladins comme leurs pères et ajoutent en parlant de la musique qu’ils ne « savent faire que ça»! En fait, ces artistes sensibles se révèlent de grands créateurs.

 

Les plaines et les collines de Moldavie, au nord-est de la Roumanie, font éclore les éclats triomphants de fanfares locales. De nombreux villages, dans lesquels les Tsiganes se sont maintenant sédentarisés, possèdent leur fanfare et l’évoquent avec fierté en soulignant les rivalités d’excellence qui existent autant parmi les très vieux musiciens que parmi les jeunes gens. Dans le village de Zece Prajini, plusieurs groupes de cuivre se côtoient. La fanfare Shukar (dont le nom signifie « excellente ») qui viendra à Paris regroupe deux clarinettes, deux trompettes, un saxophone, un baryton, une caisse, deux basses et un petit tuba. Comme les violoneux, ils s’appuient sur des répertoires empruntés aux Hongrois, aux Roumains de souche, mais aussi aux musiciens de passage des diverses occupations du territoire comme les Turcs ou les Allemands.

Ces deux groupes, recrutés par Bartabas et faisant partie de la distribution de sa prochaine création de théâtre équestre, sont aimablement mis par lui à la disposition du Festival de l’Imaginaire pour un soir.

F.G.