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• Syrie

ZIKR QADIRI KHALWATI

> Chants soufis d’Alep

Mardi 18 mars 2008 à 20h
Amphithéâtre de l'Opéra Bastille
dans le cadre du cycle “Musiques de l’invisible et du silence“
Place de la Bastille - 75011 Paris

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Avec Mohammad Hakim, munshid (chantre)
Et les membres de la « Zawiya Hilaliya » d'Alep

Alep, cœur de la musique arabe. C’est là que beaucoup de chanteurs venaient du Caire, de Damas, de Beyrouth, pour chanter devant les maîtres de la musique et du chant, lesquels, parfois d’un simple hochement de tête, faisaient ou condamnaient la carrière du candidat.

La musique, on la retrouve donc partout à Alep, dans les salons, les cafés, les mosquées, mais surtout dans les Zawaya (pluriel de Zawiya littéralement coin ou recoin, terme par lequel on nomme les petites mosquées et médersas dédiées à un soufi) disséminées dans la vieille ville. La petite bourgeoisie d’Alep s'y réunit pour commémorer le divin et lui offrir ce qu’elle a de plus beau : la musique. Le chant n’obéit-il pas aux règles des modes, des rythmes et des formes musicales de la tradition du Proche-Orient : mûwashshah, qad, shghul sûfi... qui sont les mêmes que pour les situations profanes ?

Muhammad Hakim est né dans cette ville qui a su conserver son art et son patrimoine musical, une ville qui a vu des maîtres et compositeurs se succéder et continuer à créer en enrichissant ce patrimoine, au cours du XXe siècle, comme Bakri al Kurdi, Omar al Batsh ou même Sabri Mudallal. On ne peut pas échapper à la musique quand on naît à Alep, et les alépins sont réputés pour leur passion pour le tarab dans les situations profanes, cet état second, quasi extatique, qui n’est pas, au fond, très éloigné de l’extase religieuse, même si le cheminement et le but ne sont pas identiques dans cette quête de l’insaisissable et de l’invisible.

Le dhikr consiste en la répétition incessante du Nom suprême, Allah, généralement accompagnée de la récitation d'autres noms désignant des qualités divines tels que Hayy (le Vivant) ou Qayyûm (l'Immuable). Le dhikr représente un précipité de la voie du soufi : en s'immergeant totalement dans la répétition du nom divin, le derviche s'assimile à Lui, de sorte que l'invocant (dhâkir), l'Invoqué, (madhkûr) et l'invocation (dhikr) ne font plus qu'un. L'identité suprême est alors réalisée, transcendant toute dualité, toute limite, et réintégrant la nature primordiale et parfaite de l'être.

Tout au long des différentes phases qui constituent la cérémonie, les formules scandées forment un socle sonore impressionnant sur lequel viennent se superposer les chants d'invocation et de louanges du munshîd, le chantre Muhammad Hakim. Ici et là, celui-ci marque le rythme en frappant de sa main droite le dos de sa main gauche.

Muhammad Hakim, élevé depuis sa plus tendre enfance dans un milieu mystique, a fait des études de théologie et appris les mûwashshahat (poèmes chantés de tradition savante) ainsi que le répertoire religieux avec les plus grands maîtres alépins. Il est devenu l’un des principaux chantres de la zâwiya hilaliya. Avec ses compagnons il avait conquis le public du 5e festival de l’Imaginaire.

 

Ils reviennent pour une soirée unique à voir absolument.

Arwad Esber

> À écouter : Chant soufi de Syrie
ZIKR QADIRI KHALWATI
Zawiya Hilaliya d'Alep
CD INÉDIT W 260109