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• Laos

MOLAMS ET MOKHÈNES

> Chants et orgue à bouche

Mardi 10 et mercredi 11 mars 2009 à 20h30
Maison des Cultures du Monde, 101 bld Raspail, 75006 Paris

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Ces concerts proposent un voyage sonore du nord au sud du Laos, à la découverte des multiples facettes d'un genre musical appelé lam dans les provinces du centre et du sud du Laos et khap dans celles du nord. Une tradition musicale et poétique bien différente de l'ancienne musique de cour marquée par la civilisation khmère et que les Lao revendiquent comme l'expression artistique la plus représentative de leur identité.

Qui découvre le Laos, ce pays secret et montagneux situé au cœur de l’Asie du Sud - Est, est vite séduit par le charme de ces chants traditionnels accompagnés par les sonorités profondes et intimistes de l’orgue à bouche. Ce genre vocal et poétique, très populaire et laissant une grande part à l’improvisation, est systématiquement accompagné par un orgue à bouche à seize tuyaux disposés en radeau, le khène, instrument emblématique du peuple lao.

Désir, amour et tourment, joutes amoureuses, légendes, simples événements de la vie se dévoilent dans l’art du chanteur, la dextérité et la douceur du jeu du khène. Pratiqués à la moindre occasion, pour le divertissement familial intime, les fêtes villageoises improvisées ou encore les fêtes du calendrier agraire et religieux, lam et khap forment un tout où la performance implique une étroite relation entre le geste, le verbe et la musique.

De l’anecdote sociale à la cour d’amour, sous forme de chants alternés, les chanteurs molam rivalisent par des paroles improvisées. Ils puisent leur inspiration dans la tradition orale, utilisant de temps à autre des formules poétiques entendues lors de performances précédentes. Le double caractère sérieux et burlesque de ces chants permet de passer d’échanges timides, de jeux d’approche et d’apprivoisement à de véritables provocations empreintes d’ironie poétique et métaphorique. L’art du molam n’est pas seulement vocal, il est aussi gestuel. Dans une constante oscillation entre de simples expressions du visage et de véritables mouvements dansés, il transmet ses états d’âme et ponctue les phrases musicales. Le mokhène quant à lui, s’accorde une grande part de liberté lors des préludes improvisés qui précèdent chaque pièce, un moment particulier qui met en lumière sa dextérité dans le jeu du khène.

Puis il énonce le thème mélodique de la pièce qu’il se doit d’orner et de développer, tout en cherchant à suivre la voix du molam, la ponctuer et la mettre en valeur.

Cette complicité entre le molam et son mokhène, les nombreuses possibilités de variation et d'interprétation d'une même pièce qui se décline ainsi en autant de versions que d'interprètes contribuent à faire de ce patrimoine traditionnel une musique de notre temps.

Le groupe a été formé spécialement pour cette occasion, avec des artistes particulièrement représentatifs des diverses régions du Laos. Vongvilay Opimsakda est l’une des grandes molam de Vientiane mais elle connaît également plusieurs khap du nord. Bounthong Keoboula est originaire de Champassak, dans le sud, et ne se déplace jamais sans son mokhène, Vilaphanh Phommachak. Enfin trois musiciens de Vientiane complètent l'ensemble : Souligna Fasavang, molam et artiste de cirque, originaire de Paksé au sud du Laos, Denesavanh Chanthakhad, grand connaisseur des lam du centre, et un virtuose du khène, Khamsuane Vongthongkham.

Véronique de Lavenère