LA GRANDE NUIT CARNATIQUE
Spectacle

Samedi 4 juin 2011 à 14h (veillée) et à 23h (nocturne)<br /><br />Dimanche 5 juin 2011 à 10h (matinée) - Théâtre de l’Aquarium

LA GRANDE NUIT CARNATIQUE Grand concert en trois volets

Les racines millénaires de la musique de l’Inde dans sa forme incantatoire ont laissé leur empreinte dans les différentes régions de ce vaste territoire.

Dans le cadre de Namaste France, en partenariat avec le Théâtre du Soleil

Avec
Sangeetha Kalanidhi Dr N. Ramani, flûte
O.S. Thiagarajan, voix
Injikudi E.M. Subramaniam, nadasvaram
Ranjani et Gayatri, duo vocal
B. Sivakumar, vîna
Lalgudi G.J.R. Krishnan, violon
Ragini Chandersheker, danse bharata natyam
P. Sunderrajan, FD. Sridhar et H.N. Bhaskar, violon
J. Vaidhyanathan, S. Thyagarajan, M.A. Easwaran et m.v. Chandershekar mridangam
U.N. Giridhar Udupa et N. Guruprasad ghatam
B.S. Purushotham et Anirudh Athreya, kanjîra
S. Kannan et B. Rajashekar, morsing
Smt Jamuna Krishnan, voix et nattuvangam
Sudha Raghuraman, voix
Sylvie Lecerf, flûte
Conception et programme : Roger Filipuzzi 
Centre Mandapa

Les racines millénaires de la musique de l’Inde dans sa forme incantatoire ont laissé leur empreinte dans les différentes régions de ce vaste territoire. Toutefois au cours des siècles, deux styles différents se distinguèrent et devinrent des traditions savantes : au nord le style hindoustani, imprégné de la culture persane et islamique, au sud, le style dit « carnatique » (ancien) dont l’origine serait issue du Karnataka, région considérée comme dépositaire de l’identité propre de la musique de l’Inde, c’est-à-dire non altérée par des interférences étrangères à son sol. Ainsi, la musique carnatique serait la plus ancienne, dans sa forme classique, et la seule intrinsèquement indienne. Au XIVe siècle, cette antique tradition musicale prit naissance, se répandit et se développa dans l’ensemble des principales régions du sud : le Karnataka, le Tamil Nadu, l’Andhra Pradesh et le Kerala. Des systèmes musicaux s’instaurèrent à partir des langues régionales et de leur prosodie propre sous l’impulsion de musiciens-poètes qui laissèrent leur nom dans l’histoire de cette musique et la majeure partie de son répertoire. Outre le vaste panorama de formes lyriques ainsi constituées, la musique carnatique comporte (comme la musique hindoustanie) l’ancienne tradition – devenue classique – du développement du raga (cellule mélodique) dont la structure rejoint dans son essence, une relation émotionnelle et extra-sensorielle avec les heures du jour et de la nuit, les saisons, ou encore les états affectifs.

La musique de l’Inde du sud, dite carnatique, se singularise par la richesse de son instrumentation et ses variétés linguistiques : le kannada, le télougou, le tamoul et le malayalam, outre le sanscrit. Cette grande nuit sera un kaléidoscope des différentes formes musicales régionales dans les registres suivants : la musique vocale (féminine, masculine), la musique instrumentale répartie en autant de solos (flûte, veena, violon, nadasvaram), les instruments à percussion d’accompagnement ou en groupe (mridangam, ghatam, kanjira, morsing). Le point culminant de cette musique s’étend du XVe au XIXe siècle : immense palier dans le temps au cours duquel des musiciens-poètes s’illustrèrent et se succédèrent laissant ce qui constitue aujourd’hui une part essentielle du patrimoine carnatique. Le XVIIIe siècle est considéré comme l’âge d’or de la musique carnatique par une floraison de poésies lyriques dévotionnelles portant le sceau du style personnel de leurs auteurs (dont ceux qui constituèrent la célèbre Trinité), pour la plupart de grands sages mystiques qui ont su porter l’expression artistique de la dévotion pure à des sommets inégalés dans les autres styles musicaux de l’Inde. Ce sont ces oeuvres de factures diverses qui constituent la trame des programmes de danses traditionnelles de l’Inde du sud (du Bharata Natyam en particulier).
La Grande Nuit Carnatique, concert en trois volets (depuis le début de l’après-midi, en passant par la nuit et jusqu’au lendemain matin) sera l’occasion unique d’apprécier cet art millénaire porté par 25 musiciens parmi les plus doués de leur génération venus spécialement de l’Inde.

Rencontre thématique avec les musiciens sur la voix, les cordes et les percussions animée par Daniel Bertrand, docteur en musicologie.
> Vendredi 3 juin de 13h à 20h au Théâtre du Soleil
Entrée 5 euros, offerte aux spectateurs des concerts