Célébration de la naissance du prophète Muhammad, le premier jour du mois rabi al-awwal, le mawled se pratique dans presque tous les pays arabes et musulmans. Selon certaines sources orales, il aurait été célébré pour la première fois au Caire peu après la fondation de la ville par les Fatimides à la fin du Xe siècle.
Dans les Émirats, particulièrement à Abu Dhabi et à Dubai, le mawled est pratiqué non seulement pour commémorer l’anniversaire du prophète mais également en d’autres occasions, par exemple au cours de la nuit du jeudi au vendredi, jour de prière, ou lors d’une circoncision.
La cérémonie a lieu soit à la maison soit dans une mosquée, mais dans le second cas, elle se déroule sans tambours. Un chanteur soliste et un chœur récitent un long texte en prose rimée, le madîh nabawî, louange dédiée au prophète et à sa famille.
Le chœur est divisé en deux rangs assis qui se font face. Le premier rang, appelé ahl al samaa chante les versets tandis que le second appelé al radida, lui répond en répétant les phrases clés. Au centre du premier rang se tient le sheikh, chef du mawled.
Le mawled se divise généralement en deux parties, la première, mated al sira, est la lecture modulée de la vie du prophète. Le sheikh est interrompu, ici et là, par des exclamations modulées, voire des formules chantées par le chœur. La seconde partie, al-jalâlah est celle de la sublimité, de la glorification de Dieu. Le poème est chanté antiphonalement par les deux rangs du chœur, tandis que le chant mélismatique du sheikh plane sur l’ensemble, et que les târ battant le rythme entraînent les participants dans un balancement qui les conduit vers un paroxysme proche de l’extase.
Le National Folk Arts Group n’est pas une troupe folklorique comme son nom pourrait le laisser entendre. Conscient des enjeux posés depuis un demi-siècle à l’identité et à la culture traditionnelle émiraties par une modernisation économique à marche forcée, le Ministère de la Culture a encouragé cette formation à devenir un espace de transmission des patrimoines musicaux, poétiques et chorégraphiques émiratis, comme cela se faisait autrefois. Toutes les générations y sont donc présentes, des aînés, garants de l’authenticité des répertoires aux jeunes apprentis adolescents.
Pierre Bois